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Principe de réalité : La société française face à ses contradictions

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lundi 27 septembre 2010, par Piquebof
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Les jeunes générations de moins de trente ans n’ont jamais entendu de discours volontaristes qui, en rappelant la réalité du Monde, nous rappellent les risques de baisser la garde face aux peuples travailleurs qui prennent les commandes de l’économie mondiale. Même si j’en connais les misères et les injustices insupportables, le peuple de France, à l’image de son équipe de foot, baigne dans son bain tiède de petit confort sans réaliser combien douce est la vie dans leur pays et dure, très dure, dans d’autres. Nous sommes un des pays les plus riches du Monde. Mais pour combien de temps !? Car ce confort a un prix. Un prix qui dépasse depuis des années déjà nos moyens avec un endettement de 84% de notre revenu national. Essayez donc ça chez vous ! Le mauvais emploi de nos ressources en général est une énigme sociale et culturelle. Mais que dire de notre force de travail !? En 1900 ; le nombre d’heures de travail de la population active française était de 55,14 milliards. En 1996, donc avant les 35 heures, il est déjà tombé à 37,11 milliards. En d’autres termes, notre « stock travail » avait diminué de 48%. Entre temps, notre population active qui était de 19,4 millions en 1900 est passée à 25,4 millions en 1996. Mais comme le taux de chômage qui était de 1,4% en 1900, était passé à 10%, le stock de travail aura augmenté d’à peine 30%. Avec les 35 heures en réduisant depuis notre taux d’activité de 2 880 heures annuelles à 1 620 heures puis en ramenant le droit à la retraite de 65 à 60 ans, nous sommes devenus un des pays les moins travailleurs du monde. Le problème, c’est que nous exigeons le maintien de cette situation en demandant des revenus toujours supérieurs. Pour préserver l’illusion, il ne reste plus qu’à vendre les bijoux de famille, brader le patrimoine et envoyer nos vieux dans des paradis étrangers pour troisième âge et nos enfants dans des pays qui acceptent les migrants. Que les français soient un jour les Irlandais de l’histoire du 21eme siècle ne semble pas beaucoup émouvoir nos corporations tétanisées sur leurs avantages acquis. Le « Toujours plus » à la vie dure. L’utilisation des fonds publics pour satisfaire le « Toujours plus » dénoncé par De Closets s’est faite au détriment de notre force de production et de la libéralisation de nouvelles capacités d’investissements. Un travail achevé par les 35 heures de Madame Aubry qui ne faisait que suivre, comme bon nombre de ses démagogiques prédécesseurs, des revendications clientélistes que nos enfants devront payer désormais. Peut être est-il utile de rappeler que la diminution de l’âge légal du départ à la retraite était une des conséquences de l’incapacité des pouvoirs socialistes à résoudre le problème de l’augmentation du taux d’activité des français. On se souviendra de la chasse aux emplois imposée aux préfets par Mitterrand à l’époque. La baisse de l’âge légal de la retraite à 60 ans, la mise aux 35 heures (qui ne devait pas concerner les fonctionnaires au départ), l’embauche continue d’emplois publics contre toute logique économique aura laissé une ardoise supplémentaire de plus de 200 milliards d’euros. En remettant ce changement en question, la droite ne fait pas mieux. Nous allons revenir à la situation antérieure : les fonds sociaux vont devoir supporter la forte augmentation des chômeurs . Toujours est-il que les mécanismes structurels cause de l’endettement de la France seront toujours là. Frais fixes de l’Etat trop importants avec 58% de la dépense publique contre 45% à la fin des années 80 (12 points PIB de plus qu’un de nos compétiteurs comme l’Angleterre). Enigme culturelle, peut-être, mais certainement pas énigme économique : En menant une politique d’ajustement par le sous emploi plutôt que par la création d’activités, les pouvoirs publics complices de syndicats politisés la faisait payer uniquement par les gens qui travaillent. Notre modèle économique a enclenché un sur-enrichissement du coût des actifs. Cette boucle infernale est une cause de l’échec de toutes les politiques de l’emploi depuis la fin de la dernière guerre. Bien mal avisés, les pouvoirs en place qui devaient arbitrer en limitant un coût social devenu exorbitant ont laissé filé les déficits en augmentant les prélèvements dits « sociaux », et en s’empêchant par contre coup d’investir à long terme dans de nouvelles activités faute de capitaux et de politique fiscale adaptée. Bref, au lieu d’augmenter la taille du gâteau à partager, on nous proposait de réduire la taille des parts ou… le nombre de convives ! Théorie qui exaspérait Alphonse Allais . Le résultat ne s’est pas fait attendre. L’offre d’emplois a diminué faute de création d’activités nouvelles, à l’exemple de la demande de services aux particuliers qui reste très en deçà des taux de pays comparables, ce qui représente un déficit de 2,5 millions emplois. Face à ce déficit de l’offre, les pouvoirs publics ont adapté en conséquence leur politique fiscale afin d’encourager l’embauche dans les emplois de services. Une correction utile, oui mais ! Mais notre modèle économique perdure et l’on ne peut que s’interroger à terme sur notre capacité à créer de l’emploi avec du personnel gagnant plus d’argent, travaillant moins, de façon moins flexible et sans être plus performants alors que les frontières s’ouvrent à la concurrence des services. Bien entendu, à court terme, on peut consommer le capital accumulé et faire des emprunts pour maintenir cette situation, mais pour combien de temps encore ? Comme le disait fort justement Tony Blair, alors premier ministre britannique, devant l’Assemblée Nationale française, l’économie n’est ni de droite, ni de gauche. Une autre énigme, politique celle-ci, se pose aux Français : comment stopper cette dérive qui assimile la « sociale démocratie » au gauchisme et les revendications corporatistes à la justice sociale. Nous avons besoin d’hommes rigoureux et réalistes pour sauver la dignité d’une gauche humaniste, européenne et responsable. Nous, français, n’entendons que des coucous, des truqueurs de tous bords, des doctrinaires qui rêvent uniquement de prendre des places dans le Panthéon de la république. Que l’on ne s’y trompe pas, les arguments économiques sauront un jour ou l’autre nous ramener dans le droit chemin non sans dégâts collatéraux pénibles pour les plus exposés. Ceux justement à qui, en jouant de leurs aspirations et de leurs frustrations, on vend à crédit des lendemains qui déchanteront chaque fois. En se refusant à l’effort, en se berçant de l’illusion d’avancées sociales avantageuses dont on ne veut pas mesurer le poids économique, nous sommes en train de nous exposer à l’éclatement d’une bulle dans laquelle, par paresse et facilité, nous nous sommes laissé enfermer par des beaux parleurs.

Piquebof

lundi 27 septembre 2010, par Piquebof
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